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La crise à venir pour le secteur de l’automobile

Un marché en crise

Les chiffres du gouvernement sont clairs : le secteur automobile, atout majeur de l’industrie française, se trouve aujourd’hui en grande difficulté.  Ce secteur qui représente aujourd’hui près de 18% du chiffre d’affaires français, a dû faire face à un arrêt de son activité d’environ 80% pendant le confinement.

Le marché automobile français a chuté de 72% en mars et de 89% en avril. De plus, le gouvernement estime que  1.475 sites industriels du secteur ont demandé la mise en place du chômage partiel pour 248.500 salariés. Cela représente un soutien public de plusieurs centaines de millions d’euros.

Si la situation de Renault est à ce jour critique, ce n’est pas le cas de l’entreprise Peugeot. Malgré un fort impact de la pandémie sur son chiffre d’affaires et la remise en cause de sa fusion avec le groupe FCA (Fiat-Chrysler Automobiles), l’entreprise s’en sort, malgré tout, mieux que son concurrent.

Le plan de soutien du gouvernement

Cette aide de 8 milliards d’euros annoncée par Bercy a plusieurs objectifs. Elle doit dans un premier temps aider les entreprises automobiles françaises à se relever après deux mois de baisse d’activité. Elle a également pour objectif de long terme la restructuration du secteur.

Le gouvernement espère ainsi encourager le secteur automobile à développer une industrie plus orientée en faveur de l’environnement. Il souhaite donner un “cap clair pour l’industrie automobile française : devenir dans les 10 prochaines années une des premières industries productrices et consommatrices de véhicules propres au monde”.

L’État a donc décidé de lancer plusieurs plans de formation et de soutien à l’apprentissage. L’objectif est de former les travailleurs à de nouvelles compétences nécessaires au développement et à la production de véhicules propres. A cela s’ajoute une prime de conversion, cette augmentation du bonus de passage à l’électrique permettra, d’après le gouvernement, de relancer les ventes du secteur.

Les groupes automobiles pourront également bénéficier de prêts garantis par l’État afin de compenser leurs pertes de trésorerie. Le Groupe Renault va ainsi utiliser ce dispositif via un prêt d’une valeur totale de 5 milliards d’euros.

Les contreparties exigées

Néanmoins, Bruno Le Maire, ministre de l’économie, a expliqué que ces aides ne seraient pas sans contreparties. Au souhait de transition écologique formulé par le gouvernement s’ajoute celui de voir les entreprises françaises relocaliser leurs usines à l’intérieur du pays.

Ce n’est pas forcément le cas pour certains groupes tricolores. Ainsi le journal L’Usine Nouvelle rapporte que la production de véhicules finis sur le territoire français a été “quasiment divisée par deux” ces quinze dernières années. Le plan de soutien a donc pour but la sauvegarde et même la création d’emplois sur le territoire français.

Le Groupe Renault, en forte difficulté suite à la crise, se voit dans l’obligation de réorganiser le fonctionnement de ses usines afin d’optimiser sa production. Des doutes sur la fermeture de l’usine de Maubeuge planaient à la fin du mois de mai. Les employés se sont donc rapidement mobilisés afin d’empêcher cette éventuelle fermeture. Le groupe a ensuite rapidement démenti ces rumeurs le 31 mai dernier, en expliquant que si un transfert de la production de ses Kangoo électriques  à l’usine de Douai était envisagé, l’usine de Maubeuge ne deviendrait pas pour autant une “coquille vide”. Les emplois des salariés devraient ainsi être maintenus jusqu’en 2023.

 

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