L’engagement des entreprises françaises dans la production de masques pendant la pandémie

Surnommé « l’or blanc », le masque est devenu l’un des principaux sujets de débat de cette pandémie. Face à la pénurie et aux nombreux changements de politique menés par le gouvernement, régions et entreprises s’évertuent à adopter la meilleure stratégie possible. Or, même à ce jour, le besoin réel en masques reste difficile à évaluer. Si le ministre de la santé Oliver Véran prévoit une consommation de 24 millions de masques par semaine, la vérité serait tout autre. En effet, selon plusieurs collectifs de médecin, le besoin s’élèverait à plus de 15 millions de masques par jour.

Avec un stock évalué à 86 millions de masques à la fin du mois de mars, la France n’était donc pas en mesure de répondre à ses besoins. De nombreux moyens ont été mis en œuvre afin de fournir au plus vite ce précieux matériel. Le gouvernement ainsi que plusieurs régions ont alors passé commande auprès de fournisseurs chinois. Néanmoins, la France n’étant pas la seule à subir cette pénurie de plein fouet, la production chinoise s’est très vite révélée insuffisante.

Le pays s’est donc tourné vers une production plus stratégique, entièrement « Made in France ». Dans un élan de solidarité, de nombreuses entreprises, appartenant au secteur du textile ou non, ont changé leur chaîne de production. C’est ce que l’on peut appeler le patriotisme économique. Ces masques peuvent être de type chirurgical (jetable) mais également en tissu et réutilisables.

Un mouvement de solidarité national :

Des entreprises telles que Valdeco, Asti, Teuf Confection, Appcell ou encore Labonal ont décidé de fabriquer et de commercialiser ces masques de protection. La plupart sont en tissu et réutilisables.

D’autres entreprises ont elles aussi décidé de changer leurs productions afin d’en faire don. C’est par exemple le cas des usines du groupe Kering et LVMH, ou Faurecia. Michelin produit 400 000 masques par semaine afin de répondre à leurs besoins et à celui des collectivités.

C’est également le cas de la borderie du Périgord, petite entreprise située à Château l’Évêque et qui confectionne des masques suite aux revendications des infirmiers. Cette production est rendue possible grâce aux dons de tissu de la part d’Auchan ou encore de l’entreprise Khalyge. Ces derniers ont ensuite été gracieusement distribués aux soignants, l’entreprise ne faisant payer que les frais de port pour les envois hors du Périgord. Les marques du groupe Chantelle ont confectionné plus d’1,5 millions de masques offerts à l’association SOS et aux différents EHPAD de la région parisienne.

A cela s’ajoute les nombreux dons de masques: ainsi LVMH a fait don de 40 millions de masques aux hôpitaux. Des entreprises telles que Airbus, Safran ou encore Dassault Aviation n’ont pas hésité à donner leurs stocks personnels.

D’autres initiatives complémentaires sont également à souligner, comme la production de visières de protection grâce aux imprimantes 3D. Depuis le début de l’épidémie, le groupe Safran a ainsi réalisé près de 3000 visières afin de soutenir le personnel médical et enseignant. Des entreprises comme Michelin, Capgemini ou encore l’entreprise de composites STS mobilisent leurs imprimantes afin de confectionner ce précieux matériel.

Le choix du « Made in France » :

Le gouvernement a également effectué une commande de plus d’un million de masques auprès de quatre industriels français, ajoutant ainsi quatre nouvelles entreprises à la liste des producteurs de masques sanitaires de l’Etat : Bioserenity, BB Distribe, Celluloses de Brocéliande du groupe Les Mousquetaires (Intermarché), et Savoy International. Cette commande prouve que la France possède une vraie force industrielle. Et cette dernière sera utile si la France souhaite relocaliser certaines de ses industries sur le territoire. Ainsi, Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat à l’économie a évoqué une éventuelle réouverture de l’usine de Plaintel, fermée en 2018 par le groupe américain Honeywell.

Cette force industrielle permet à la France de réagir rapidement à cette épidémie et revendiquer cette « souveraineté économique » prônée par le ministre de l’économie Bruno Le Maire. Le dévouement de nos entreprises « Made in France » permettrait aux pays de ne pas céder face à la concurrence asiatique. On estime que la production nationale, d’aujourd’hui environ 15 millions de masques par semaine, pourrait passer à 50 millions de masques en octobre prochain. Il est impossible de savoir si cette dernière sera suffisante, ou même si nous nous dirigeons vers une surproduction. Cependant, une chose est certaine, cette production « made in France » peut s’avérer être l’une des clés de la relance économique après le confinement.

Production masques France

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