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Esperance banlieues : chaque enfant est une promesse

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Espérance banlieuescette association crée des écoles alternatives dans les quartiers difficiles pour que chaque enfant puisse révéler ses talents.

L’équipe de La 4ème Ligne a eu la chance d’échanger avec Marguerite Vaganay, Responsable Communication chez Espérance Banlieues. Elle partage avec nous les enjeux de la crise du COVID-19 ainsi que les initiatives prises par l’association liées à l’exclusion numérique lors du confinement. Solidarité, respect et égalité sont les fondements de la construction des relations chez Espérance banlieues.

Chaque enfant a le droit de révéler ses talents

Combien d’écoles font parties de votre réseaux ?

Marguerite Vaganay [M.V.] : Espérance banlieues est un réseau de 17 écoles implantées dans les quartiers difficiles en France. Huit ans après la création de la 1ère école en 2012, nous accueillons aujourd’hui 700 élèves du CP à la 3ème.

Pouvez-vous décrire vos activités en quelques mots ?

M.V. : Les jeunes des quartiers défavorisés sont deux fois plus touchés par l’échec scolaire et le chômage ; nous voulons répondre à cette injustice. Espérance banlieues crée des écoles alternatives dans les quartiers difficiles pour que chaque enfant puisse révéler ses talents. Le modèle, complémentaire de l’offre existante, est adapté aux besoins spécifiques – académique, éducatif et intégratif – des quartiers difficiles. La pédagogie repose sur une étroite collaboration avec les parents et les petits effectifs sont privilégiés. Près de 80% de nos élèves de 3ème ont eu leur brevet ; 96% des parents d’élèves recommandent l’école. Ensemble et sous l’égide de la Fondation de France, nous souhaitons insuffler un avenir positif.

L’enjeu est de répondre aux inégalités existantes

Comment le confinement affecte-t-il les personnes que vous aidez habituellement ?

M.V. :  L’enjeu est de répondre aux inégalités scolaires existantes et mises en évidence par la crise.  Des familles logées dans des appartements exigus, une moindre disponibilité de moyens informatiques ou d’accès à Internet, et donc une forme d’exclusion numérique, tout cela peut être dévastateur. Dans ces conditions, le risque d’inégalités sociales et scolaires augmente, alors que le rôle de l’école est justement de les réduire.

Comment avez-vous dû adapter votre activité ?

M.V. : Vecteur de développement, l’école peut créer et nourrir le lien social dans les quartiers, au-delà des communautarismes.  Nous constatons que nous contribuons très activement à limiter au maximum le nombre d’élèves « perdus ».

Un lien fort entretenu avec les familles ainsi que des petits effectifs au sein de nos écoles garantissent une relation privilégiée entre parents, professeurs et élèves. L’enjeu est de maintenir ce lien entre le professeur et l’élève. La créativité et l’innovation déployées par nos professeurs et nos directeurs sont remarquables et les parents nous témoignent quotidiennement de leur satisfaction et admiration. Certains rituels, propres au projet des écoles Espérances banlieues, ont aussi été adaptés à ce nouveau mode d’enseignement à distance. La grande majorité des enfants tiennent à porter leur uniforme chez eux, avant de se mettre au travail.

L’école, première petite société où l’enfant s’épanouit en dehors de son cercle familial, peut transmettre des valeurs telles que la solidarité et le respect. C’est ce bel esprit que nous voyons se développer vis-à-vis du personnel soignant et des personnes âgées isolées. Des enfants des écoles Espérance banlieues envoient des lettres de remerciements et des dessins, d’autres témoignent de leur soutien en vidéo. Les professeurs, en plus d’encourager les élèves, restent à l’écoute des parents qui sont parfois découragés ou submergés.

Grâce à nos partenaires, la solidarité entre l’école et les familles se traduit aussi par le prêt ou don de matériel informatique notamment pour que les enfants puissent suivre leurs cours à distance (dons de BNP Paribas, Econocom, Auchan). Le contexte actuel souligne la pertinence de notre modèle et les parents saluent l’investissement des professeurs.

L’éducation dans les quartiers prioritaires doit se poursuivre

Pensez-vous que le déconfinement va amener un retour à la normale pour votre association ?

M.V. :  Les 17 écoles du réseau Espérance banlieues veulent poursuivre cette mission d’éducation et d’excellence pédagogique pour que les enfants des banlieues puissent poursuivre les choix d’orientation qui les rendront heureux. Nous savons déjà qu’Espérance banlieues sortira de la crise sanitaire affaiblie financièrement, malgré le soutien fidèle et généreux de nos partenaires et donateurs. Nous avons besoin de soutiens financiers pour garder le cap pendant cette période de crise. L’éducation dans les quartiers prioritaires doit être poursuivie avec toute l’ambition que nous portons pour chaque enfant.

Que demanderiez-vous aux entreprises souhaitant mettre des ressources à votre disposition ?

M.V. : Notre développement repose sur une forte mobilisation collective et près de 90% de financements privés car notre réseau d’écoles indépendantes veille à être avant tout accessible aux familles pour que chaque élève puisse réussir.

Certains de nos partenaires nous accompagnent particulièrement pendant cette période de crise, l’aide de BNP Paribas par exemple illustre le lien précieux entre entreprises implantées dans leur territoire et des écoles locales.  Nos grands partenaires, comme la Fondation Engie et Kaufman&Broad, nous accordent un soutien exceptionnel pour faire face à la crise. D’autres, comme Junot Immobilier, engagent leurs réseaux à nous soutenir.

Nous avons ouvert un fonds de solidarité, visant à soutenir financièrement nos 17 écoles, dont les ressources baissent en cette période. Certaines familles auront des difficultés à prendre en charge les frais de scolarité par exemple. Notre objectif est de collecter 15K€ par école.

Par ailleurs, pour assurer une rentrée en toute sécurité, nous devrons nous équiper en masques, gel hydroalcoolique, tables individuelles, et assurer une hygiène parfaite des locaux. Cela amènera des frais non prévus pour nos écoles. Les entreprises peuvent y répondre à travers des dons en nature. Enfin, nous aurons besoin de renforcer le soutien scolaire et de préparer des devoirs de vacances pour les élèves. Financer l’achat de devoirs de vacances serait d’une grande utilité pour nous.

La priorité : limiter le décrochage et l’exclusion numérique

Quelles seraient vos priorités pour reconstruire « l’économie d’après » le Covid-19 ?

M.V. : La société civile s’implique dans le domaine éducatif en apportant des solutions en adéquation avec le besoin réel. Soutenus à la fois par les acteurs économiques et les pouvoirs publics, nous pourrions limiter le nombre d’élèves en décrochage et le nombre de familles qui peuvent se sentir exclues. Dans la droite ligne de l’appel de Jacques Attali sur le rôle des associations dans notre société ; nous souhaitons que l’implication d’acteurs privés dans l’éducation soit facilitée, nous vous invitons à voter la proposition que nous diffusons sur la plateforme parlementaire #LeJourdApres.

Et pour vous personnellement : que pensez-vous changer dans vos habitudes au quotidien suite à cette crise ?

M.V. : Créer un système de mentorat de nos élèves par exemple. Chaque élève collégien pourrait avoir un mentor qui lui ferait découvrir le champ des possibles. En ces temps de confinement, de nombreuses entreprises nous proposent d’aider les élèves dans leurs devoirs. Mais sans lien de confiance déjà créé, cela est difficile à mettre en œuvre.

De manière plus générale, valoriser les élans de solidarité entre générations, entre acteurs privés et publics.

Crédits photos : Esperance banlieues ©

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